Présentation

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recommander

Archives

Recherche

Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 15:22

1 / Graphismes
Cliquez sur ce lien pour voir le reste de mon travail
http://eteyssie.over-blog.com/article-6844646.html
http://eteyssie.over-blog.com/article-6630390.html
http://eteyssie.over-blog.com/article-5971270.html

2 / Illustrations
Cliquez sur ce lien pour voir le reste de mon travail
http://eteyssie.over-blog.com/article-5852028.html
http://eteyssie.over-blog.com/article-5737335.html

3 / Visages
Cliquez sur ce lien pour voir le reste de mon travail
http://eteyssie.over-blog.com/article-5737325.html
http://eteyssie.over-blog.com/article-5737322.html

4 / Et autres créations
Cliquez sur ce lien pour voir le reste de mon travail

http://eteyssie.over-blog.com/article-5971252.html

4 / Beaux-arts - Revues de prese - Parcours
Cliquez sur ce lien pour voir le reste de mon travail
http://eteyssie.over-blog.com/article-2941152.html

Par eric teyssie - Publié dans : art.teyssie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 15:03

1 /  ESBAM
Dans l'adresse qui suis - ESBAM - "Ecole supérieur des Beaux-Arts de Marseille", l'adresse de ce blog y à été gracieusement rajouté à la rubrique "Rencontre avec" sous le descriptif "
Eric teyssié, diplômé de l'ESBAM en 1990.Vit et travaille à Marseille."
http://www.esbam.fr/actuel/corps/devenir.htm

2 / Recherches plastiques

1988 - Suite à la création d'un dessin, j'ai découvert un moyen de reproduction qui s'apparente à le photocopie, (four de reproduction de dessin à chaud) dont voici l'appareil expliqué dans ce site
http://www.avh.asso.fr/magasin/produits/16956.php
Un premier tirage 21 X 29.7 utilisé comme matrice,Impressions au rouleau et à la gouache
Onze tirages 21 X 29.7, certains obtiennent au touché une matière "veloutée"










3 / Recherche graphique
recto - verso au feutres sur papier pelure, image inspirée d'une photo du film "Frenzy"  d'Alfred Hitchcock
















 / Exercice
Création au Beaux-Arts sur le thème de la lettrine, "alphabet avec la main", technique Art-pen sur papier aquarelle 300g, format 17 cm X 24 cm















5 / livre d'artiste
Le voyage - les fleurs du mal - extrait
II
Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule

Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où !
Où l'homme, dont jamais l'espérance n'est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : " Ouvre l'oeil ! "
Une voix de la hune, ardente et folle, crie .
" Amour... gloire... bonheur ! " Enfer ! c'est un écueil !

Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L'Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.

Ô le Pauvre amoureux des pays chimériques !
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis ;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III
Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires

Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu ?
IV
" Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette,
La gloire des cités dans le soleil couchant,
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus grands paysages,
Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux
De ceux que le hasard fait avec les nuages.
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

- La jouissance ajoute au désir de la force.
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais,
Cependant que grossit et durcit ton écorce,
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace
Que le cyprès ? - Pourtant nous avons, avec soin,
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ;
Des trônes constellés de joyaux lumineux ;
Des palais ouvragés dont la féerique pompe
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

" Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ;
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. "
V

Et puis, et puis encore ?
VI
Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L'Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
" Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! "

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l'opium immense !
- Tel est du globe entier l'éternel bulletin. "

VII
Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu'autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d'un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : " Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c'est ici qu'on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n'a jamais de fin ? "

A l'accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
" Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Electre ! "
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.
VIII
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !
Arthur Rimbaud
6 /
Maquette de livre
(format 10  X 6 cm) 16 pages - Trop petit mon petit - texte M. Laurent Carte,


Detail















7 / livre d'artiste
"Daphnis et Cloé"
:  transposition d'un extrait du livre de Longus (II° siecle ap JC) technique lithographique, 62 pages

8 X 14.5 cm fermé -
49.6 X 14.5 cm ouvert
























 8 /  pictural

 1989 - Peinture acrylique - tournoi de joute
1990 - Peinture acrylique - homme couché
1990 - Peinture acrylique - homme au peinceau
1992 - "Le Rafale" : Cadeau pour un passionné d'aviation
Technique mixte (crayons, peintures acrylique, acquarelle, blanc correcteur)
format 50 X 65 cm  - Anecdote sans le savoir - par les dires du spécialiste- , j'avais mis en oeuvre un projet encore secret pour l'époque le Rafale pour la marine reconnaissable par sa couleur bleue(coincidence)
à suivre...
9 / lithographique
1988 - beaux arts atelier de lithographie * - "Musiciens"











 

 

 

Par eric teyssie - Publié dans : art.teyssie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 15:02

1 / Croquis procès
L'affaire des comptes de l'OM









J.M Hidalgo 1

J.M Hidalgo 2



Bernard tapie
Evelyne Kitanoff - portrait paru sur France 3 régional et national
Alain Laroche
Bernard Tapie-Ljubomir Barin
Jean-Pierre Bernès

Fellous


L'affaire des dossiers détournés de la Scientologie










Jean-Marie Abgrall (psychiatre, criminologue, chasseur de sectes) 












L'affaire des machines à sous de Nice









2 / Croquis : dans la rue
Exposition collective "La grande Pirate"
titre de mon travail "Ces gens qui nous entourent"
Salle des Beaux-Arts de Marseille - rue Montgrand

Si-dessous ma création de la carte d'exposition (recto)

(verso)
"Ces gens qui nous entourent"
mise en situation






"Ces gens qui nous entourent" Détails

Support papier recyclé format 10.5X15 cm
dessin encre de chine noir Artpen & feutre peinceau Pentel
01
02
03
04
05
06
07 - "parceque Hier!"
08
09
10
11 - "... de 2h a 5h, alors moi je reviens..."
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30 - "c'est ça mon problème...!"
31 - "Allez, j'tembrasse, au revoir ma chatte!"
32
33
34
35
36
37
38
39
40
41
42
43
44
45 - "Le figariste"
46
47 - "Je l'ai accompagné parceque jetais un peu son ami"
48
49
50
51
52
53
54
55
56
57
58
59
60
61
62
63
64
65
66
67
68
69
70 71 72 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 86

87
88 89
90 91
92 - "je l'ai remise en place pour bien lui faire comprendre que..."
93
94
95
96
97
98
99
100 - "Je me suis cassée un ongle, putain, ...trop mal"
101 - "Putain, moi je m'en occupe de Rémi..."
102
103
104
105
106
107
108
109
110 - "tu as grandi encore !"
111
112
113
114
115
116
117
118
119
120
121
122
123
124 
125
126
127
128 - "Elle sait pas que je suis avec David"
129
130 - Neuer Jungfenstieg, Hambourg
131 - "Une décision..."
132
133
134
135
136 - lecteur de "Courrier"
137 - "C'est pour ça que sa sert à rien"
138
139

140
141
142
143 - "C'est la caissière ou c'est la patronne ?"
144
145
146
147
148
149
150
151
152
153
154
155
156
157
158
159
160
161
162
163
164
165
166
167
168
169
170
171
172
173
174
175
176
177
178
179
180
à suivre.

3 / Croquis : vues de Marseille
(encre de chine-aquarelle-papier velin 300g )

Colonne Pierre Puget
 

Hôtel de Cabre
Hôtel-Dieu
Place Castellane 1
Escalier de la gare
Eglise des réformés
Palais Daviel
Palais de justice
Hôtel Noaille (hôtel de police)
Cathédrale de la Major (Joliette)
Opéra
Place Estrangin
Théâtre National de Marseille
Atlante place Belsunce
Place Castellane 2 (dessin perdu)
Palais Longchamps
Place Carli (conservatoire)
Eglise de la Nef ( théâtre)
Palais de CCI de Marseille
Maison diamanté
Fort st Jean
Eglise st Laurent 1
Eglise st Laurent 2
Facade droite de la mairie
Mise en situation






 

4 / Croquis : Coins de Marseille

Encre de chine plume "Art-Pen" et peinceau japonais "Pentel" sur papier esquisse
Brasserie "Castell York" (champs) vue colonne Place castellane
Brasserie "Castell York" (contre-champs)
5 / Croquis : Voyages
Hambourg
1

2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
Florence (vue de l'hôtel Bodoni)
Dans l'hôtel
Place de la république
Ponte Vecchio
6 / Croquis : corps et nus
(Encre de chine plume "Art-Pen")
Sur la plage
1
2
3
4
5
6
7
Mariage algérien (musiciens)


Etudes de nus


Etudes de visage


Etudes de Rapidité (homme)
1
2
3
3

4

5

6

Etudes de Rapidité (femme)
1
2
3
4

5
6
7 8
9
10
11
12 13 14




 

 

Par eric teyssie - Publié dans : art.teyssie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 14:42

Demain dès l'aube


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai, les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit,


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur,
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends...


Victor Hugo
Le pont Mirabeau (alcool)
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure


L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.


Guillaume Appolinaire
Le pays de l'édredon bleu
Quand j'étais malade, en mon lit,
(Sous ma tête deux oreillers)
Mes jouets étant rassemblés,
Me tenant bonne compagnie.


Parfois, pour un temps assez long,
J'observais mes soldats de plomb,
À la manoeuvre, allant au pas
Parmi les collines des draps.

J'envoyais bateaux, cargaisons,
Au gré des flots de couvertures,
Ou bien pour mes cités futures
Mettais en place arbres maisons.

J'étais le géant silencieux
Qui de sa pile d'oreillers
Voyait les plaines, les vallées

Du pays de l'édredon bleu.


Robert-Louis Stevenson

Prière pour aller au paradis avec les ânes ( Gallimard jeunesse )
Lorsqu'il faudra aller vers vous, Ô mon Dieu faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.

Je prendrai mon bâton et sur la grand route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.


Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreilles
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles...
Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.

J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portaient au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bosselés,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons,
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.


Mon Dieu, qu'avec ces ânes je vous vienne.
Faites que dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel


Francis Jammes
Clameur ( ed. Aubier- NRF Gallimard  - Romancero gitan )
Dans les tours jaunes,
les cloches sonnent le glas.

Sur les vents jaunes,
s'épanouissent le son des cloches.

Par un chemin s'en va
la mort, couronnée
de fleurs d'oranger fanées.
Elle chante et chante
une chanson
sur sa viole blanche
ellle chante, chante, chante.

Dans les tours jaunes,
s'arrêtent les cloches.

Le vent dans la pousière
sculpte des proues d'argent.

"Aie"
Le cri laisse dans le vent
Une ombre de cyprès.

(Laissez moi dans le champs, pleurer)
Tout s'est brisé dans le monde.

L'horizon sans lumière
est mordu de brasiers.
(Je vous ai dit de me laisser
dans ce champs, pleurer).

Garcia Lorca
Ma bohême
Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal :
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
-Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
-Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;


Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !


Arthur Rimbaud 
L'invitation au voyage
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes,


Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.


Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire
Traité sur la tolérence ? 1763 (NRF Gallimard )
Ce n'est plus aux hommes que je m'adresse; c'est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes, et de tous les temps : s'il est permis à de faibles créatures perdues dans l'immensité, et imperceptibles au reste de l'univers, d'oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités.

Tu nous as donné un coeur pour nous haïr,
et des mains pour égorger,
fait que nous nous aidions mutuellement supporter nos fardeaux d'une vie pénibles et passagère ;
que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps,
entre tout nos langages insufisants, 
entre toutes nos lois imparfaites,
entre toutes nos opinions insensées,
entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi, que ces petites nuances qui distinguent les atômes appelés hommes
ne soient pas des signaux de haine et de persécution ;
que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ;
que ceux qui couvrent leur robe d'une toile blanche pour dire qu'il faut t'aimer  ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; 
qu'il soit égal de t'adorer dans un jargon formé d'une ancienne langue, ou dans un jargon plus
nouveau ; 
que ceux dont l'habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d'un petit tas de la boue de ce monde et qui possèdent quelques fragments arrondis d'un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu'ils appellent grandeur et richesse

et que les autres les voient sans envie: car tu sais qu'il n'y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s'enorgueillir


Voltaire 
L'évadé ou Le temps de vivre ( Chansons et poèmes ) - http://www.borisvian.fr/ 

Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut, entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
De tout son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie, il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

Boris VIAN

Préface d'une leçon de morale ( N.R.F Gallimard)
Le mal doit être mis au bien. Et par tout les moyens, faute de tout perdre contre toute morale résignée, nous dissipons la douleur et l'erreur. Puisque nous avons eu confiance.
J'ai voulu nier, anéantir les soleils noirs de maladies et de misère, les nuits saumâtres, tout les cloaques  de l'ombre et du hasard , la mauvaise vue, la cécité, la destruction, le sang séché, les tombes.
Même si je n'avais pas eu dans toute ma vie, qu'un seul moment d'espoir, j'aurais livré ce combat. Même si je dois le perdre, car d'autres le gagneront.
Tout les autres

Paul Eluard
Tout dire (Paris Editions) extrait

 

 

 

A partir d'un mot franc et de choses réelles
L
a confiance ira sans retour
Je veux que l'on réponde avant que l'on questionne
Et nul parlera une langue étrangère


Et nul n'aura envie de piétiner un toit
D'incendier des villes d'entasser des morts
Car j'aurai tous les mots qui servent à construire
Et qui font croire au temps comme à la seule source

Il faudra rire mais on rira de santé
On rira d'être fraternel à tout moment
on sera bon avec les autres comm on l'est
Avec soi-même quand on s'aime d'être aimé

Les frissons délicats feront place à la houle
De la joie d'exister plus fraîche que la mer
Plus rien ne nous fera douter de ce poème
Que j'écris aujourd'hui pour effacer hier.
Paul Eluard

 

 

 

 

 

 

Par eric teyssie - Publié dans : art.teyssie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 août 2006 3 02 /08 /Août /2006 14:38

Le Zubial (Gallimard Folio, numéro 3206) extrait

...Je me suis alors dit que, si un jour je réussissais à m'aimer comme je t'aimais, il ferait tres beau.

ton fils,

Aléxandre.

Alexandre jardin
Jamais sérieux (extrait)

Quand j'étais petit garçon et que je dormais le matin et que ma mère ou je ne sais plus qui entrait doucement dans ma chambre pour tirer les rideaux, ah! C'était le bonheur. Le bonheur. Le bonheur. Je me disais aussi qu'un jour j'allais partir pour être enfin heureux. Allons, allons! Jamais sérieux? Je marchais. Il y avait des journeaux, des filles qui étaient belles, des petits cafés, des hôtels de luxe, plein de gens partout. Le monde était bourré de problèmes, d'événements graves, de gens importants. J'avais vingt ans, je n'avais plus que vingt ans pour en faire quelques chose. Ou rien peut-être, mais qui serait ma vie. Les autres aussi, ou à peine plus. Quelle bagarre! Au plaisir de Dieu.
Je marchais . J'allais prendre le train ou l'avion. Et puis, j'allais mourir. J'aimais ce monde et je m'en foutais. je m'en fous, je le jure. mais j'aime. J'en aime tout le soleil et l'argent, les filles, le malheur, les livres et le conneries. je vie, je le fait de mon mieux.

Jean d'Ormesson
Ton refuge
Ton « refuge » peut prendre toutes les formes
que tu désires.
C'est peut-être un château gothique,
Une tanière de terre argileuse,
Une cathédrale aux vitraux multicolores,
Sois l'Architecte de ton refuge.
Les murs sont à ton gré en marbre, en brique,
en jade, en or, en papier, en verre, en acier,
en bois, en paille.
Vois ton refuge qui émerge de la terre telle
une immense plante s'épanouissant en accéléré.
Là où il y a des fondations pousse un plancher.
Là où il y a un plancher poussent des murs.
Ne lésine pas sur les moyens.
Chez toi, c'est chez toi.
Pas de limites à la beauté, la solidité,
l'excentricité de ton refuge.
Tu peux orner l'extérieur de tours, de tourelles,
de gargouilles ou de sculptures érotiques.
Pour la décoration intérieure, pense à des
tableaux, des lampes et luminaires divers :
torches ou amas de vers luisants.
Pille les musées s'il le faut pour avoir
le nec plus ultra.
Le plafond de la chapelle Sixtine te semble
parfait pour ton salon?

Prends.
Pour ta salle de billard, quelques Dali
pourront être du plus bel effet.
De même que quelques toiles de Léonard
de Vinci pour l'entrée. Et pourquoi pas
du Jérôme Bosch dans les salles de bains?
Vas-y prend.
Ressors maintenant.
Fais le tour de ton refuge à vol d'oiseau
Examine bien chaque détail.
Tu es enfin chez toi, bon sang ! 

B.Weber
Soudain une vallée (Chansons et poèmes ) http://www.paroles.net/chansons/22104.htm
 Vous avez parcouru le monde.
Vous croyiez n'avoir rien trouvé
Et soudain, une vallée
S'offre à vous pour la paix profonde.

Vous aviez dépensé vos rêves
Au hasard des bonheurs volés
Et soudain, une vallée
Où la voix d'un ami s'élève.

Marchant sous un nuage,
Perdus dans votre nuit,
Tout seuls au coeur de l'orage,
Balayés par la pluie,
Vous trainiez des regrets immenses,

Des envies, des remords voilés
Et soudain, une vallée
Vous apprend que la vie commence.

Le ciel tout grand s'éclaire
D'amour et de bonté,
Soleil pour la vie entière
Et pour l'éternité.
Vous rêviez d'un bonheur immense
Sans espoir de jamais trouver
Et soudain, une vallée
Où l'espoir et l'amour commencent.

...Et soudain une vallée
Où l'espoir et l'amour sont nés...

L'Albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.


Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire
 
Prière Paîenne (Chansons et poemes ) http://www.paroles.net/

N'est-il pas vrai Marie Que c'est prier pour vous
Que de lui dire je t'aime En tombant à genoux
 N'est-il pas vrai Marie
Que c'est prier pour vous
Que de pleurer de bonheur En riant comme un fou
Que couvrir de tendresse Nos païennes amours
C'est fleurir de prières Chaque nuits chaque jours.

N'est-il pas vrai Marie Que c'est chanter pour vous
Que semer nos chemins De simples poésies
Que canter pour l'enfant Qui bientôt vous viendra
C'est chanter pour l'enfant Qui repose en vos bras


N'est-il pas vrai Marie?

N'est-il pas vrai Marie?

Jacques Brel
Comme un roman ( Gallimard )


Bref, un beau matin, ou un après-midi, les oreilles bourdonnant encore du tumulte de la cantine, il assiste à l'éclosion silencieuse du mot sur la feuille blanche, là, devant lui : maman.

Il l'avait déjà vu, au tableau, bien sûr, reconnu plusieurs fois, mais là, sous ses yeux, écrit de ses propres doigts ?

D'une vois d'abord incertaine, il ânonne les deux syllabes séparément ; "Ma-man"

Et tout à coup :

- maman !

Ce cri de joie célèbre l'aboutissement du plus gigantesque voyage intellectuel qui se puisse concevoir, une sorte de premier pas sur la lune, le passage de l'arbitraire graphique le plus total à la signification la plus chargée d'émotion ! Mes petits ponts, des boucles, des ronds? et ? maman ! C'est écrit là, devant ses yeux, mais c'est en lui que cela éclate ! Ce n'est pas une combinaison de syllabes, ce n'est pas un mot, ce n'est pas un concept, ce n'est pas une maman, c'est sa maman à lui, une transmutation magique, infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts?mais qui ont soudain ? et à jamais ! ? cessé d'être eux-mêmes, de n'être rien, pour devenir cette présence, cette vois, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page, entre les quatre murs de la classe.

La pierre philosophale.

Ni plus, ni moins,

Il vient de découvrir la pierre philosophale

Daniel Pennac
Lettre de George Sand a Alfred de Musset

"Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre."

George Sand

Je songeais que Philis des enfers revenue
Belle comme elle était à la clarté du jour,
Voulait que son fantôme encore fît l'amour
Et que comme Ixion j'embrassasse une nue.

Son ombre dans mon lit se glissa toute nue
Et me dit : « Cher Tircis, me voici de retour,
Je n'ai fait qu'embellir en ce triste séjour
Où depuis ton départ le sort m'a retenue.

Je viens pour rebaiser le plus beau des amants,
Je viens pour remourir dans tes embrassements. »
Alors, quand cette idole eut abusé ma flamme

Elle me dit : « Adieu, je m'en vais chez les morts.
Comme tu t'es vanté d'avoir foutu mon corps,
Tu pourras te vanter d'avoir foutu mon âme. »

Théophile de viau
Triste, triste
Je comtemple mon feu, j'étouffe un baillement
Le vent pleure. La pluie à ma vitre ruisselle.
Un piano voisin joue une ritournelle.
Comme la vie est triste et coule lentement.

Je songe à notre Terre, atome d'un moment,
Dans l'infini criblé d'étoiles éternelles,
Au peu qu'ont déchiffré nos débiles prunelles,
Au Tout qui nous est clos inexorablement.

Et notre sort ! toujours la même comédie,
Des vices, des chagrins, le spleen, la maladie,
Puis nous allons fleurir les beaux pissenlits d'or.

L'Univers nous reprend, rien de nous ne subsiste,
Cependant qu'ici-bas tout continue encor.
Comme nous sommes seuls ! Comme la vie est triste !

Jules laforgue
Hiroshima ( Chansons et poèmes ) http://www.paroles.net/
Par la colombe et l'olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l'enfant qui n'y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l'amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.

Avec les faibles, avec les forts
Avec tout ceux qui sont d'accord,
ne seraient-ils que quelques-uns
Peut-être viendra-t-elle demain.

Par tout les rêves piétinés,
Par l'espérance anbandonnée,
A Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain.
La paix !

Georges Moustaki

Par eric teyssie - Publié dans : art.teyssie
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus