| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Le Zubial (Gallimard Folio, numéro 3206) extrait
...Je me suis alors dit que, si un jour je réussissais à m'aimer comme je t'aimais, il ferait tres beau.
ton fils,
Aléxandre.
Alexandre jardin Jean d'Ormesson Charles Baudelaire N'est-il pas vrai Marie Que c'est prier pour vous Jacques Brel Daniel Pennac
Jamais sérieux (extrait)
Quand j'étais petit garçon et que je dormais le matin et que ma mère ou je ne sais plus qui entrait doucement dans ma chambre pour tirer les rideaux, ah! C'était le bonheur. Le bonheur. Le bonheur. Je me disais aussi qu'un jour j'allais partir pour être enfin heureux. Allons, allons! Jamais sérieux? Je marchais. Il y avait des journeaux, des filles qui étaient belles, des petits cafés, des hôtels de luxe, plein de gens partout. Le monde était bourré de problèmes, d'événements graves, de gens importants. J'avais vingt ans, je n'avais plus que vingt ans pour en faire quelques chose. Ou rien peut-être, mais qui serait ma vie. Les autres aussi, ou à peine plus. Quelle bagarre! Au plaisir de Dieu.
Je marchais . J'allais prendre le train ou l'avion. Et puis, j'allais mourir. J'aimais ce monde et je m'en foutais. je m'en fous, je le jure. mais j'aime. J'en aime tout le soleil et l'argent, les filles, le malheur, les livres et le conneries. je vie, je le fait de mon mieux.
Ton refuge
Ton « refuge » peut prendre toutes les formes
que tu désires.
C'est peut-être un château gothique,
Une tanière de terre argileuse,
Une cathédrale aux vitraux multicolores,
Sois l'Architecte de ton refuge.
Les murs sont à ton gré en marbre, en brique,
en jade, en or, en papier, en verre, en acier,
en bois, en paille.
Vois ton refuge qui émerge de la terre telle
une immense plante s'épanouissant en accéléré.
Là où il y a des fondations pousse un plancher.
Là où il y a un plancher poussent des murs.
Ne lésine pas sur les moyens.
Chez toi, c'est chez toi.
Pas de limites à la beauté, la solidité,
l'excentricité de ton refuge.
Tu peux orner l'extérieur de tours, de tourelles,
de gargouilles ou de sculptures érotiques.
Pour la décoration intérieure, pense à des
tableaux, des lampes et luminaires divers :
torches ou amas de vers luisants.
Pille les musées s'il le faut pour avoir
le nec plus ultra.
Le plafond de la chapelle Sixtine te semble
parfait pour ton salon?
Prends.
Pour ta salle de billard, quelques Dali
pourront être du plus bel effet.
De même que quelques toiles de Léonard
de Vinci pour l'entrée. Et pourquoi pas
du Jérôme Bosch dans les salles de bains?
Vas-y prend.
Ressors maintenant.
Fais le tour de ton refuge à vol d'oiseau
Examine bien chaque détail.
Tu es enfin chez toi, bon sang !
B.Weber
Soudain une vallée (Chansons et poèmes ) http://www.paroles.net/chansons/22104.htm
Vous avez parcouru le monde.
Vous croyiez n'avoir rien trouvé
Et soudain, une vallée
S'offre à vous pour la paix profonde.
Vous aviez dépensé vos rêves
Au hasard des bonheurs volés
Et soudain, une vallée
Où la voix d'un ami s'élève.
Marchant sous un nuage,
Perdus dans votre nuit,
Tout seuls au coeur de l'orage,
Balayés par la pluie,
Vous trainiez des regrets immenses,
Des envies, des remords voilés
Et soudain, une vallée
Vous apprend que la vie commence.
Le ciel tout grand s'éclaire
D'amour et de bonté,
Soleil pour la vie entière
Et pour l'éternité.
Vous rêviez d'un bonheur immense
Sans espoir de jamais trouver
Et soudain, une vallée
Où l'espoir et l'amour commencent.
...Et soudain une vallée
Où l'espoir et l'amour sont nés...
L'Albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Prière Paîenne (Chansons et poemes ) http://www.paroles.net/
Que de lui dire je t'aime En tombant à genoux
N'est-il pas vrai Marie Que c'est prier pour vous
Que de pleurer de bonheur En riant comme un fou
Que couvrir de tendresse Nos païennes amours
C'est fleurir de prières Chaque nuits chaque jours.
N'est-il pas vrai Marie Que c'est chanter pour vous
Que semer nos chemins De simples poésies
Que canter pour l'enfant Qui bientôt vous viendra
C'est chanter pour l'enfant Qui repose en vos bras
N'est-il pas vrai Marie?
N'est-il pas vrai Marie?
Comme un roman ( Gallimard )

Bref, un beau matin, ou un après-midi, les oreilles bourdonnant encore du tumulte de la cantine, il assiste à l'éclosion silencieuse du mot sur la feuille blanche, là, devant lui : maman.
Il l'avait déjà vu, au tableau, bien sûr, reconnu plusieurs fois, mais là, sous ses yeux, écrit de ses propres doigts ?
D'une vois d'abord incertaine, il ânonne les deux syllabes séparément ; "Ma-man"
Et tout à coup :
- maman !
Ce cri de joie célèbre l'aboutissement du plus gigantesque voyage intellectuel qui se puisse concevoir, une sorte de premier pas sur la lune, le passage de l'arbitraire graphique le plus total à la signification la plus chargée d'émotion ! Mes petits ponts, des boucles, des ronds? et ? maman ! C'est écrit là, devant ses yeux, mais c'est en lui que cela éclate ! Ce n'est pas une combinaison de syllabes, ce n'est pas un mot, ce n'est pas un concept, ce n'est pas une maman, c'est sa maman à lui, une transmutation magique, infiniment plus parlante que la plus fidèle des photographies, rien que des petits ronds, pourtant, des petits ponts?mais qui ont soudain ? et à jamais ! ? cessé d'être eux-mêmes, de n'être rien, pour devenir cette présence, cette vois, ce parfum, cette main, ce giron, cette infinité de détails, ce tout, si intimement absolu, et si absolument étranger à ce qui est tracé là, sur les rails de la page, entre les quatre murs de la classe.
La pierre philosophale.
Ni plus, ni moins,
Il vient de découvrir la pierre philosophale
Lettre de George Sand a Alfred de Musset
"Je suis trés émue de vous dire que j'ai
bien compris l'autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l'affection
la plus profonde comme la plus étroite
en amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude oú j'ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme
grosse. Accourrez donc vite et venez me la
faire oublier par l'amour où je veux me
mettre."
George Sand
Je songeais que Philis des enfers revenue
Belle comme elle était à la clarté du jour,
Voulait que son fantôme encore fît l'amour
Et que comme Ixion j'embrassasse une nue.
Son ombre dans mon lit se glissa toute nue
Et me dit : « Cher Tircis, me voici de retour,
Je n'ai fait qu'embellir en ce triste séjour
Où depuis ton départ le sort m'a retenue.
Je viens pour rebaiser le plus beau des amants,
Je viens pour remourir dans tes embrassements. »
Alors, quand cette idole eut abusé ma flamme
Elle me dit : « Adieu, je m'en vais chez les morts.
Comme tu t'es vanté d'avoir foutu mon corps,
Tu pourras te vanter d'avoir foutu mon âme. »
Théophile de viau
Triste, triste
Je comtemple mon feu, j'étouffe un baillement
Le vent pleure. La pluie à ma vitre ruisselle.
Un piano voisin joue une ritournelle.
Comme la vie est triste et coule lentement.
Je songe à notre Terre, atome d'un moment,
Dans l'infini criblé d'étoiles éternelles,
Au peu qu'ont déchiffré nos débiles prunelles,
Au Tout qui nous est clos inexorablement.
Et notre sort ! toujours la même comédie,
Des vices, des chagrins, le spleen, la maladie,
Puis nous allons fleurir les beaux pissenlits d'or.
L'Univers nous reprend, rien de nous ne subsiste,
Cependant qu'ici-bas tout continue encor.
Comme nous sommes seuls ! Comme la vie est triste !
Jules laforgue
Hiroshima ( Chansons et poèmes ) http://www.paroles.net/
Par la colombe et l'olivier,
Par la détresse du prisonnier,
Par l'enfant qui n'y est pour rien,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Avec les mots de tous les jours,
Avec les gestes de l'amour,
Avec la peur, avec la faim,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Par tous ceux qui sont déjà morts,
Par tous ceux qui vivent encore,
Par ceux qui voudraient vivre enfin,
Peut-être viendra-t-elle demain.
Avec les faibles, avec les forts
Avec tout ceux qui sont d'accord,
ne seraient-ils que quelques-uns
Peut-être viendra-t-elle demain.
Par tout les rêves piétinés,
Par l'espérance anbandonnée,
A Hiroshima, ou plus loin,
Peut-être viendra-t-elle demain.
La paix !
Georges Moustaki